Deux fois par mois, je mets de côté 5 trouvailles liées à la déco. Voyez cette lettre comme quelques feuilles de mon cahier d’inspiration que j’arrache pour vous en faire profiter, avec des prises de notes un peu dans tous les sens… et j’espère, de bonnes idées.
— Philippine
30 mai 2024
1- Le mix bois-argile d’Época Ceramic
2- Un miroir au-dessus d’une porte pour agrandir la pièce
3- La revalorisation de tissus oubliés par ENSEMBLE
4- La petite règle pour peindre ses murs
5- Le plan de travail en terrazzo marin
~ 8 minutes de lecture
Sonia et Jaime façonnent leurs pièces dans les montagnes près de Madrid. “La terre offre des possibilités infinies, et puisqu’elle ne supporte pas les raccourcis, elle nous oblige à travailler comme on aime : sans se précipiter”.
J’aime particulièrement le mélange des matières, bois + argile, pour leurs théières et leurs mobiles. Ces derniers ont l’air d’apaiser en quelques mouvements lents une pièce (et pas forcément une chambre d’enfant !) ou une personne (moi, impatiente ? pas du tout).
Un style wabi-sabi à la fois brut et tout doux.
Época Ceramic, très belles lampes également
Avant / après dans le premier appartement de Beata Heuman
Beata Heuman, mondialement connue pour son œil malicieux et ses scénographies éclatantes, avait, dans son premier appartement minuscule, mis un miroir au-dessus de deux portes qui se faisaient face.
Elle explique dans son livre Every room should sing (que j’adore) que le miroir, aussi haut placé, a deux vertus : il élève le regard tout en reflétant une grande partie de la pièce, ce qui crée l’illusion d’un plus grand espace.
ENSEMBLE création
Après avoir été à l’initiative du concept-store Madeleine & Gustave, connu pour ses pop-up stores ambulants, Pascale Gibert se consacre désormais à sa nouvelle marque, ENSEMBLE, créée avec sa fille Camille Gibert, architecte. Avec leur oeil affuté, elles partent à la recherche de stocks dormants, rebuts, chutes ou tissus vintage pour confectionner des nappes, serviettes, housses de coussin, et accessoires uniques : un procédé que l’on appelle upcycling.
Un tissu de kimono devient des sets de table, un bleu de travail devient une nappe, des draps écrus d’une cinquantaine d’années deviennent des tabliers… Motifs années 70's, vichy, basque, tissus en lin, coton, éponge : c’est beau et varié.
Aujourd’hui, le duo mère-fille exploite le textile mais peut-être que demain, il se penchera sur d’autres matières. À suivre !
En attendant, je vous propose de faire un tour chez Pascale, vous y découvrirez de nombreux détails décalés comme je les aime.
Après avoir vécu à Paris, elle habite aujourd’hui à Bruxelles, là-haut, au quatrième étage.
Regardez, ses fenêtres sont celles qui donnent sur les beaux platanes. On monte faire une visite ?
Essayez de visualiser le lieu, je vous mettrai les photos à la fin de l’article. (Un peu comme quand on lit un livre et que l’on imagine les personnages, les décors et qu’après, on va voir son adaptation en film : on trouve que ça colle ou au contraire, on est très surpris.)
Entrez, je vous en prie.
Dans son entrée, trône une biche empaillée, allongée, immense. Si vous avez la frousse, avancez vite (mais jetez quand même un oeil à ces belles chaises d’école vintage).
Côté salon, un canapé marron chocolat, un fauteuil Egg de Jacobsen orange en laine bouclette, un tapis marocain, une cheminée avec quelques bûches sur le côté. L’hiver, il y a toujours un feu. Un fauteuil à bascule Eames en fibre de verre, toujours dans les tons chauds. Quelques bouquins, en pile, par terre, forment des colonnes.
Dans la salle à manger ouverte sur le salon, une grande table en bois-alu, avec des chaises différentes les unes et des autres. Des blanches, des marrons, des jaunes… Contre le mur, un banc en bois ancien, très fin, un appareil à musique, et au mur, 8 peintures à l’huile, assez serrées au niveau de l’accrochage. Des portraits d’hommes, plutôt moustachus, très chics, en costume. Un jour, Pascale en a chiné un (tableau, pas homme ;)), puis deux, puis elle ne s’est jamais arrêtée. Aujourd’hui, elle les collectionne.
Pour chacun d’entre eux, elle a inventé une histoire, qu’elle change en fonction de son ispiration. Il y a l’architecte, le médecin, le notaire, l’avocat, l’instituteur… Elle les appelle tous Gustave.
On arrive dans la chambre via un long couloir blanc, avec deux immenses lettres rouges en ferrailles accrochées au mur, style industriel. Aux fenêtres, des rideaux en lin brut.
Côté droit du lit, 3 rondins de bois qui servent de table de nuit, avec des plantes vertes. Pour éclairer, pas de lampe à pied, plutôt un lampadaire style bureau, au sol, parfait pour lire sans embêter son voisin.
Côté gauche, une table de nuit noire, en bois, avec un tout petit bouquet de fleurs fraîches dans un verre et deux branches de bois qui dépassent, penchées, d’un vase transparent très large. Deux petites lampes sont accrochées sur chacune des branches, elles se balancent tranquilles.
La cuisine, ouverte, entièrement blanche et éclairée par deux suspensions boule en chrome Zuiver. Le sol n’étant pas très beau et ne pouvant pas tout refaire (location oblige), Pascale a recouvert le carrelage de venilia blanc. Vous savez, le venilia, c’est le plastique collant que l’on met dans les armoires ou dans les tiroirs pour les protéger. Petite astuce (très) économique quand le sol n’est pas à votre goût.
Ici, tout est dépareillé. La vaisselle, les chaises, les verres, les couverts.
Sur la table, des petits vases avec des fleurs, toujours.
Place aux photos !
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