Deux fois par mois, je mets de côté 5 trouvailles liées à la déco. Voyez cette lettre comme quelques feuilles de mon cahier d’inspiration que j’arrache pour vous en faire profiter, avec des prises de notes un peu dans tous les sens… et j’espère, de bonnes idées.
— Philippine
02 mai 2024
~10 minutes de lecture
Bariolés comme il faut, à mettre par terre autour d’une table basse, dans une chambre d’enfant ou dehors sur l’herbe quand il fait beau. MaPoésie
Housse de coussin MaPoésie, 80 x 80 x 12 cm, 110€ (attention, vendue sans le coussin !)
Sophie Fontanel, chez elle. La majorité des objets sont chinés. ©Adeline Mai pour Vogue
C’est elle, dans cette interview vidéo avec Vogue, qui le décrit comme “aérien”. Elle a voulu créer la campagne en ville. Dans son appartement perché au dessus des Tuileries, on retrouve cette légèreté qui la caractérise si bien, présente dans son écriture et sa manière de voir la mode (“avec les moyens du bord, on fait des miracles”). Elle est la preuve que l’on peut être léger sans manquer de profondeur.
Chez Sophie Fontanel. Elle explique dans la vidéo de Vogue son lien avec les objets.
Je lui ai piqué l’idée des rideaux vaporeux. Après les avoir repérés sur ces photos ci-dessous et les avoir envoyés à quelques contacts, Claire S. a trouvé la matière : du taffetas de soie. J’ai trouvé le tissu au marché Saint-Pierre, environ 250€ pour faire mes rideaux, pas donné mais il correspond exactement à ce que je recherchais. Parfois, le taffetas synthétique, beaucoup moins cher, fait l’affaire.
Rideaux spottés chez Sophie Fontanel
Douceur et volupté dans ma salle à manger très carrée. Merci Sophie !
Rideaux chez moi
Elle donne des bons conseils de chine dans cet épisode du super podcast de Décodeur.
Quelques extraits du podcast :
“Souvent, je me fais des oeufs à la coque dans un coquetier ignoble, assez fonctionnel en fait. Et l’autre jour, j’étais dans une très grande brasserie et je demande des oeufs à la coque avec des mouillettes. Et je vois arriver ça dans un coquetier en argent et je me suis dit, “c’est royal en fait !” Ça met de la majesté. (…) Je suis rentrée chez moi et j’ai cherché des coquetiers sur leboncoin.”
“C’est important que la table soit belle. Je vais souvent chez mon frère en Normandie, et je l’oblige à mettre une nappe quand on est tous les deux. Je l’oblige à acheter des beaux couverts, même s’ils ne se lavent pas facilement !”
“Les cuillères à sorbet, c’est tellement joli ! Un manche très fin, tout droit et à l’endroit de la cuillère, c’est tout rond. C’est extraordinaire de manger le yaourt la dedans, ça change le goût du yaourt !”
“Je fais partie des gens qui adorent les draps et les couvertures. (…). La couette c’est facile, mais ça ne fait pas un joli lit. (…) Il y a des jolis couvre lits en piqués blanc, ça c’est beau, ça fait comme si on était en vacances toute l’année. Et il y en a des très beaux en crochet, mais il faut être un peu plus audacieux.”
Pascale Michel devant sa boutique Scènes de Ménage à Bruxelles
J’aime sa petite boutique bruxelloise car elle ne ressemble à aucune autre. Elle est remplie de vaisselle, surprises, couleurs, motifs et beaux tissus. Une mine d’or dont l’ambiance unique déborde sur le trottoir. Si vous avez un cadeau à faire, à n’importe qui, c’est ici qu’il faut aller, vous trouverez forcément quelque chose de beau et d’original.
Ses vitrines sont ma passion. Un jour on est plongés dans une salle à manger champêtre, l’autre dans un salle de bain monochrome, une chambre exotique. C’est gai, les passants s’arrêtent, se projettent… et souvent, c’est si beau qu’ils achètent.
Dans un monde qui va un peu vite, j’apprécie son esprit jusqu’au boutiste, l’attention qu’elle porte aux moindres détails : quand Pascale change la vitrine de son magasin, elle change tout, même la couleur de la peinture et le motif du papier peint.
“J’adore toutes les faire, c’est comme un artiste qui peint une toile. Tout d’un coup, ça sort, c’est une impulsion.”
Les vitrines de Pascale Michel, Scènes de Ménage
Je lui ai posé quelques questions par téléphone pour mieux comprendre sa vision de la déco. Voici ce que je retiens de notre conversation :
Pascale compare la décoration à des dîners, qui deviennent plus sympathiques quand on mélange les âges et les cultures et que l’on essaye de trouver des liens. Même si des liens, il n’y en a pas forcément. “Ici, c’est éclectique mais j’aime tous les objets séparément. Un grand plat chiné qui à mon avis vient de l’Est, un Kanta brodé qui vient d’Inde, des maniques qu’une cliente crochète avec ferveur, des asperges françaises d’une céramiste bien âgée...”
Pour elle, c’est la différence qui nourrit l’ambiance. “C’est ça qui rend la chose très vivante, c’est d’avoir ce mélange infini qui fait que les objets parlent entre eux. Chaque pot, chaque tasse, chaque objet est choisi, souvent unique, et mis avec d’autres pour raconter une histoire et donner plus de goût à ce qui fait notre quotidien.” Résultat : les lieux s’expriment. D’ailleurs, “c’est incroyable comme de bouger les objets dans d’autres lieux raconte d’autres histoires”, s’étonne-t-elle, “quand je vois des choses du magasin chez vous, je les vois autrement.”
Plus qu’une expo ou un livre, ce sont les brocantes qui lui donnent des idées. Un objet, une couleur, une mise en scène. Et dans la rue, elle scanne le moindre détail, “il y a toujours quelque chose qui arrête mes pas et me touche”.
Elle n’essaye pas que ce soit beau. Que représente votre maison, pour vous, Pascale ? “C’est l’endroit où j’ai envie d’être, de recevoir, de jouer. Je n’essaye pas que ce soit beau. La règle, c’est le cœur : j’ai des coups de cœur et je les mets en scène. J’essaye juste que ce soit chaleureux.”
Pour que ce soit chaleureux, Pascale s’interroge : “sans doute ne faut-il pas avoir un intérieur pour montrer ce qu’on a, mais pour montrer ce qu’on est”. Et elle confirme : “Je suis farfelue, comme mes cheveux, et je pense que ça se reflète dans ma boutique et chez moi.”
Tout l’émerveille. Elle a beau me dire “que les objets se mettent tout seuls, je ne sais pas comment l’expliquer”, que “j’ai l’impression que c’est quelque chose que l’on a en soi”, que “mes parents avaient beaucoup de goût et j’ai toujours baigné dans des endroits très personnels et chaleureux”, je comprends au fur et à mesure de notre conversation que même s’il y a un peu d’inné, Pascale muscle sans cesse son talent, qui passe avant tout par une curiosité, très pure, propre à celle de l’enfance.
Elle n’achète presque plus de magazines de déco, pour ne pas se faire influencer. Elle aime s’amuser et être surprise : “Comme c’est ennuyeux un ciel bleu !”
PS- Son compte Insta est tout simplement génial. Spontané, par formaté, drôle. ÇA FAIT DU BIEN.
Scènes de Ménage, Place Brugmann à Bruxelles
Vitrines de la boutique Scènes de Ménage, Bruxelles
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